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Prix du premier recueil 2019

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Le Prix du premier recueil de poèmes 2019 a été remis à Anne Dujin pour « L’ombre des heures » (Éd. L’herbe qui tremble, 2019).

Christophe Langlois, Conservateur responsable de la conservation et des prêts aux expositions de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet ; Antoine Labbé, Président de la Fondation pour la Poésie, Judith Chavanne, membre du Jury du Prix du premier recueil de poèmes et Anne Dujin, lauréate du Prix 2019.

Discours de présentation par Judith Chavanne

C’est une poésie du murmure que celle d’Anne Dujin, une poésie précautionneuse, dans laquelle la ponctuation a été effacée pour ne laisser que la mélodie, discrète, mais réelle du vers. Cette poésie pourrait être de celles que l’on récite à voix basse, dans la pénombre, ou l’ombre des heures, à un lecteur auquel le « tu » » fréquemment employé par la poète propose une proximité. Même si cette seconde personne induit sans doute d’abord un dialogue de la poète avec elle-même, le lecteur est convié à cette intimité, d’autant mieux que l’attention quotidienne que voue la poète à « toute chose » entretient une atmosphère de recueillement :

Dans le matin noir le réverbère

est l’étoile qui indiqua jadis

l’entrée de la crèche

Vierge sans enfant, auréolée

des vapeurs de la machine à café

elle est là pour ceux qui lavent

les rues avant le jour

Bergers sans brebis, les mains jointes

autour de la tasse, à l’abri

dans le silence de ses yeux

laissant monter peu à peu

le sourire de l’enfance

Tout mérite d’être regardé, considéré et révélé : le réverbère d’une rue devient étoile, puis Vierge ; les balayeurs ou les êtres attablés devant le petit déjeuner, des bergers.

La poète convoque ici des symboles bibliques mais en les tronquant en quelque sorte : la Vierge est « sans enfants », les bergers « sans brebis ». Les êtres au réveil sont comme des orants, non pas agenouillés dans une église pour prier, mais à table, et « les mains jointes », certes, mais autour d’une tasse. Le recueillement se vit dans la trivialité des jours.

En d’autres poèmes encore apparaissent quelques allusions bibliques, toujours discrètement, et dans le but souvent de dévoiler à nouveau toute la puissance évocatoire de faits ordinaires, ou de relayer la quête d’une vérité intime.

Ainsi, dans le poème qui suit, et qui restitue un drame de l’enfance :

La vague immense de sa colère

a submergé l’enfant

Après le déluge elle se relève

fragile, son regard mouillé cherche

un coin de terre où reprendre pied

Les débris n‘encombrent pas encore

le chemin qui la ramène aux siens

et à son propre cœur

C’est la force des êtres neufs

La métaphore qui assimile les larmes à un déluge parait au départ presque prosaïque d’autant que, dans notre langue, elle est lexicalisée. Mais la poète, en filant le comparant, lui redonne du relief ; elle le reconsidère, par-delà sa lexicalisation, de sorte que l’épisode biblique du Déluge éclaire d’une signification nouvelle, solennelle, cet événement familial : l’enfant possède en effet cette faculté de rebond et de renouvellement par laquelle il (elle) passe régulièrement une nouvelle alliance avec la vie, comme Noé y fut invité par Dieu.

Quelles soient d’inspiration biblique ou non, les images sont à l’honneur dans cette poésie à laquelle elles confèrent parfois un tour naïf au sens où l’on a pu employer ce mot pour la peinture. De même que la peinture naïve ne respecte pas la perspective et retient le regard par la disproportion des motifs, l’intensité des couleurs et la précision des détails, de même l’image ouvre la conscience méditative et imaginative du lecteur qui s’attarde sur elle et son dessin, quelle que soit la fonction d’élucidation du réel qu’elle assure par ailleurs.

A quoi tient ce pouvoir évocateur de l’image dans la poésie d’Anne Dujin ? A sa simplicité ?  Une femme apparait « ronde et pleine comme la lune ». Sa délicatesse ? « Ta petite âme de coton » écrit la poète en s’adressant à un enfant. A la fréquence de la personnification ? « Les arbres lèvent vers le ciel leurs doigts nus » tandis que les feuilles de l’un d’entre eux – le marronnier – sont des « visages de nouveau-nés » qui « frissonnent/ dans la paume du vent ».  A la façon qu’a la poète de filer, souvent, cette image ? De sorte que la conscience du lecteur s’absorbe en elle et que le secret du réel ne peut être atteint que par la médiation de l’objet choisi comme comparant :

La vie, grand manteau de laine te gratte

parfois, les épaules et l’intérieur des bras

Te vient l’envie de la laisser

glisser, sans que personne

ne s’en aperçoive et d’en porter une autre

Tes parents avaient commencé le travail

en utilisant les pelotes les plus douces

Le temps a découvert des fils

gris et beige, rugueux

que personne n’a choisis mais qui tiennent

ensemble les générations

Tu les aperçois parfois sur le manteau

de tes enfants, dont tu tricotes

les premiers rangs avec une laine

que tu croyais toute neuve

Tu ne les arracheras pas

L’important est de les avoir vus

On le perçoit ici, l’image n’a rien de gratuit, pas plus que la poésie qui fonde sur elle. Les poèmes d’Anne Dujin œuvrent en particulier à l’avènement de soi à travers et par-delà égarements, refus et blessures :

Les générations passent

et empilent le masque des mères

sur le visage des filles

La vie se déroule à travers 

des trous taillés pour un autre regard

et les rêves s’écorchent

contre leurs bords râpeux

Le nœud est trop serré et les crampes

viennent, à force de tirer dessus

D’autres bras seuls

autour de leurs cous y parviendront

et leur diront enfin

qui elles sont

Ce recueil laisse entrevoir un cheminement depuis le désarroi jusqu’à la confiance. La poète affronte l’inquiétude d’être — ou plus encore de n’être pas — et la vulnérabilité qui s’ensuit ; elle confie : « il y a longtemps que j’ai oublié/ le visage de mon désir et l’écho de mon nom ». Avec lucidité, sans complaisance, elle ose regarder et nommer « cette racine noire, avide, qui s’abreuve au mince filet de (sa) confiance » et le ruine, quand pourtant tous les signes de plénitude sont rassemblés.

Ecriture autobiographique, donc ? Assurément puisqu’Anne Dujin fonde son chant sur l’expérience, et ne craint pas, entre autres, d’aborder celle de la maternité malgré les soupçons de mièvrerie dont elle est parfois taxée. De la grossesse à la naissance, et au partage de la vie d’un enfant, plusieurs poèmes révèlent combien cette expérience plonge au cœur de l’énigme de vivre, et de mourir :   

Pour Louise

Dans ton ventre, l’ulcère a remplacé

le bébé qui n’a pas trouvé sa place

Le point brûlant s’enflamme

en silence sous la loupe

des inquiétudes bienveillantes

Nos bouches échangent

les mots qui rassurent

pour que demain reste possible

Mais tes grands yeux sombres

brillent de la lueur jaune, fébrile

du pourquoi

De l’enfant, la poète a beaucoup à apprendre, comme chacun, et comme poète particulièrement ; c’est pourquoi la requièrent le regard et le langage du plus jeune qui, dans la rue fourmillante, sait, lui, distinguer « l’oiseau/ et l’avion, étoiles filantes de plein jour », tandis qu’à l’occasion des quelques mots qu’il prononce, « ses lèvres déplacent les nuages ».

Ni l’attention à l’enfant, ni l’écoute accordée au plus profond, à « l’envers » de soi ne conduisent à un repli ; elles sont au contraire pour la poète l’occasion d’une méditation non seulement sur un art poétique, mais sur la condition humaine : cette poésie intègre pleinement autrui. Sa quête, et son ambition ultime, comme l’énonce le dernier vers du recueil, sont en effet d’« aimer et comprendre toute chose ». Ainsi le lecteur sent-il bien, pour paraphraser Hugo que lorsqu’Anne Dujin nous parle d’elle, elle nous parle de nous. Le poème nait, après une décantation patiente, de sorte que cette part d’elle-même à laquelle atteint la poète est pleinement universelle. D’ailleurs, Anne Dujin prête son regard et sa voix aux autres ; elle se fait autant que possible le témoin des « invisibles », des inconnus croisés au hasard des rues ou des informations qui lui sont parvenues du monde.  Le poème signale ainsi quelle résonance l’expérience d’autrui, parfois douloureuse, a reçue chez la poète qui, à défaut de plus, offre ses mots en signe d’accueil.

Ainsi, le « petit visage blanc (…) tiré des décombres/ comme un drapeau muet/ qui supplie que cela cesse » a-t-il ouvert, autant que la bombe dont il fut victime une « lézarde » au cœur de la poète, lézarde qui appelle l’écriture. Chaque poème offre donc une expérience de conscience grâce à laquelle l’intuition de la vie — celle de la poète et celle des autres — s’approfondit.

Le jeu des pronoms dans le recueil témoigne de la réciprocité des combats : deuxième et troisième personnes alternent, le « tu » peut être prêté, comme la voix de la poète elle-même à un autre, et « l’attente brûlante/ de pouvoir vivre enfin » qu’elle avoue sienne s’avère ainsi partagée par autrui, par ceux-là qui, un jour, comme le remarque un poème, « habitent enfin la Terre ».

Car, par-delà la souffrance et les résistances, cette poésie cherche au contraire les signes d’une ouverture, d’une sérénité possible malgré tout, d’une lumière intérieure :

Tintoret

L’ombre éclaire pour la première fois

la lumière qui vient de l’intérieur

du monde des hommes

Tout devient visible

jusqu’à l’envers de notre cœur.

Les poèmes d’Anne Dujin puisent profondément dans l’expérience, dans une langue dont la simplicité ne doit pas faire croire à la facilité. On sait au contraire qu’il n’est rien de plus exigeant que le simple. Il y faut beaucoup de patience, encore une fois, pour « nomme(r) les choses » et trouver les mots qui puissent accueillir ce dont on fut témoin, et plus encore des mots siens, non pas « gonflé(s)/ de ce que tous disent déjà ». Ce recueil, pour être le premier du poète, n’en fait pas moins entendre une parole mûre, « des mots tant attendus », qui ont traversé le temps mais restent arrimés aux « battements du cœur ».  La poésie d’Anne Dujin est de ces paroles lyriques qui font de l’émotion éprouvée l’occasion et le moyen d’entrer plus avant dans la vie, le poème permettant d’approfondir sa compréhension mais aussi son acceptation. Cette poésie est donc de celles qui aident à vivre.  

Discours d’Anne Dujin

C’est un après-midi de juillet 2013, dans les rues de Paris, de retour du travail, que j’ai écrit mon premier poème. La poésie m’est venue assez tard. Enfant je n’ai noirci aucun carnet. Adolescente, je n’ai froissé aucun des brouillons, dont sont remplies, dit-on, les corbeilles des futurs écrivains. Si l’on m’avait dit, ne serait-ce que 6 mois avant, que j’écrirai ce jour-là un poème, je serais restée incrédule. Jusqu’alors, je travaillais sur les politiques publiques, et je rêvais d’essais. Mais l’année qui précéda cet été, j’avais pris une décision importante : celle de ne pas poursuivre ma thèse de sciences politiques. Cette décision n’ouvrait sur aucun projet précis. Elle n’était qu’un renoncement. Le constat que cette écriture-là, celle du chercheur, ne serait pas la mienne. Et si je ressentais bien un fort désir d’écrire, je ne savais pas quoi, ni comment. Ce jour d’été 2013, c’est comme si une porte intérieure brusquement s’était ouverte. Un second poème vint le soir même. Puis un quasiment chaque jour, pendant tout l’été. L’essentiel de l’Ombre des heures a été écrit en quelques semaines, sans pratiquement que j’y retouche. Et j’en fus la première surprise.

La poésie n’était pourtant pas une inconnue. Elle avait un visage, celui de mon père, poète. Les murs de nos chambres à mes sœurs et moi avaient beau être tapissés de recueils les plus divers, la poésie s’est longtemps résumée pour moi à ses mots à lui, et plus encore, aux poèmes qu’il avait écrits sur moi, sur nous. Je les gardais comme des talismans. Comme ce poème intitulé « L’éveil double » :

« L’âme au plafond y nage avec une autre

qu’elle craint de froisser dans un faux mouvement

au lieu d’explorer librement l’espace

de faire craquer le cube de la chambre

vers le ciel rond, les sapins invisibles

elle doit partager précautionneusement

la fin de la nuit avec un autre souffle

deux yeux ouverts aussi dans le noir

et ce doux bruit de laine qui rampe

entre les hauts montants de son lit

avant de pousser un petit cri humain »

La poésie fut d’abord une certitude sensible ; celle d’avoir été prise dans les bras, non seulement par des bras, mais aussi par des mots. Pourtant, sans doute par manque de curiosité, ou par besoin d’explorer mes propres voies, ce terreau a priori si favorable est resté en friche. Non seulement je ne désirais pas en écrire, mais j’ai, il faut l’avouer, bien peu lu de poésie dans ma jeunesse. L’école a joué pour moi le rôle majeur qu’elle joue pour beaucoup de jeunes gens, dans l’apprentissage de la poésie. Parmi tous les poètes que l’on découvre sur les bancs du collège ou du lycée, l’un deux s’est imposé comme me touchant davantage : Paul Verlaine. Et je me souviens encore du jour où j’ai lu, en classe, pour la première fois, « Le ciel est par-dessus le toit », les larmes que je n’ai pu retenir, et qui sont montées souvent, quand je relisais, en moi-même, avec attention, cette dernière strophe :

– Qu’as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?

J’avais seize ans. Je menais une vie des plus sages. Et pourtant, l’amour coupable et perdu, la prison, le sentiment de vie gâchée, me devenaient, par ces mots, mystérieusement accessibles. C’est dans cette expérience je crois, et dans ce poème en particulier, que se trouve une des sources de ce qu’est pour moi la poésie : la parole juste. Sans connotation morale ; comme une note sonne juste. Sans emphase, dans une langue et avec un rythme que je trouvai profondément modernes, le poème encapsule l’instant, et nous le sentons vibrer encore, à chaque relecture. Le ciel, le toit, la branche de l’arbre, le tintement de la cloche, et avec eux toute cette vie « simple et tranquille » rejoignent l’homme brisé dans sa cellule, et se fraient un chemin jusqu’à la fêlure, forcément présente, en nous aussi. Ce réajustement miraculeux des mots, aux objets les plus simples d’une part, et à la vie intérieure d’un « tu », débiographisé, universel, d’autre part ; réajustement toujours éphémère mais que le poème parvient à fixer, c’était donc cela, le pouvoir de la poésie, que j’entrapercevais.

Les années passaient. Au cours de mes études supérieures, je me passionnai davantage pour les sciences sociales. La poésie restait présente dans mon paysage, mais à distance. Parfois elle surgissait, comme par surprise, dans mes préoccupations. Par exemple quand je lus Les mots et les choses de Michel Foucault, et que je tombai sur cette phrase : « Le poète est celui qui (…) retrouve les parentés enfouies des choses, leurs similitudes dispersées. Sous les signes établis et malgré eux, il entend un autre discours, plus profond, qui rappelle le temps où les mots scintillaient dans la ressemblance universelle des choses. » Ce propos correspondait si précisément à mon expérience de lectrice, que je le notai dans un carnet, sans imaginer que dix ans plus tard, il serait en exergue d’un premier recueil.

Tout ce temps, l’écriture de poésie me travaillait en silence, sans que le sache. En revanche la question de la parole juste me préoccupait, consciemment. Ayant renoncé à la thèse, je désirais toujours explorer le monde contemporain, et en rendre compte par l’écriture, mais pas en spécialiste. Je poussai alors la porte de la revue Esprit, qui m’accueillit généreusement. J’y trouvai un lieu, à la fois ouvert et exigeant, où le souci de la parole juste a, je crois, une importance particulière. Où des générations d’auteurs se sont attelées patiemment à la tâche de dire le monde qui nous entoure, à distance des mirages de l’idéologie, et des clivages tout faits. Sans le mesurer sur le moment, je suis venue en même temps, à quelques mois près, à la poésie et à l’écriture de revue. Deux écritures qui ne s’opposent pas en moi, au contraire. Qui procèdent d’un regard et d’un désir communs. Elles ne sont pas équivalentes pour autant. Je me dis parfois qu’elles forment un édifice, dont le sous bassement est la poésie. J’y fais l’expérience d’un rapport fondamental au langage, où chaque mot compte, pour dire ce qui importe le plus dans cette vie. L’étage supérieur est l’écriture d’articles. Qu’ils évoquent la littérature, l’actualité politique, ou sociale, ils ont besoin, pour tenir, d’une justesse de la langue, que je travaille et éprouve dans la poésie. Cette dernière n’est donc pas, pour moi, du côté des ornements, du supplément d’âme. Elle est du côté des fondations. Il m’a fallu plus de trente ans pour le comprendre, et placer cette exigence au cœur de ma vie.

C’est alors seulement que je me suis mise à lire les poètes, avidement, avec la conscience de tout ce que j’avais à explorer. Les découvertes furent nombreuses, et sont encore quasi quotidiennes. Une rencontre décisive fut celle du poète tessinois Pericle Patocchi, et des poètes italiens Umberto Saba et Sandro Penna. Dans des langues différentes, toutes gorgées de lumière méditerranéenne, ils m’apprennent la limpidité du vers ; la présence aux lieux, aux choses et aux êtres, pas seulement ceux dont on a choisi de s’entourer, mais aussi ceux qui viennent à notre rencontre, sans jamais les prendre pour prétexte, à un discours.

« Ici je brûle ma vie. Parmi les rares

Lumières de la venelle apparaît à présent

Un petit berger sur un mulet. Que brûle

Tranquille ma vie à ces lumières. »

écrit Sandro Penna.

J’ai écrit l’essentiel de l’Ombre des heures en un été, entre les siestes des enfants et les retours de plage. Comme si ce petit recueil s’était constitué sans bruit en moi, attendant le bon moment pour me traverser, et se rendre lisible. Depuis, les poèmes arrivent au compte-goutte. Et je crains souvent que le mince filet ne se tarisse. C’est pourquoi je vous suis si reconnaissante, Monsieur le Président, Madame la Directrice, Mesdames et Messieurs les membres du jury, chère Judith, de m’avoir par ce prix, témoigné votre confiance, et votre encouragement à poursuivre. Je remercie Mme la directrice de la bibliothèque littéraire Jacques Doucet, et Christophe Langlois, de nous accueillir, entourés de ces magnifiques manuscrits. Je remercie enfin Thierry Chauveau et Lydie Prioul, qui dirigent les éditions de l’Herbe qui tremble et qui prennent régulièrement le risque, et c’est un risque, de publier des premiers recueils. Pour que se poursuive et s’approfondisse la recherche de la parole juste, dont la poésie est un des visages, celui qu’elle a pris pour moi.